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Roman Opałka

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<td class="navigation-only" colspan="2" style="border-top: 2px #7DA7D9 solid; font-size: 80%; background:inherit; text-align: right;">modifier Consultez la documentation du modèle</td>
Roman Opałka
Roman Opałka en 1995.
Naissance {{{date_de_naissance}}}
Nationalité Modèle:Drapeau Polonais
Activité(s) Peinture, photographie, enregistrements
Formation Lithographe, Peintre
Mouvement artistique Art contemporain
Récompenses 2009 Commandeur dans l'ordre des Arts et Lettres, Paris

2009 Médaille d'or du Mérite Culturel « Gloria Artis », Varsovie, Pologne

1996 Prix spécial du Ministère des affaires étrangères, Varsovie, Pologne

1993 Kaiserring, prix de l'art de la ville Goslar, Allemagne

1991 Prix National de la Peinture, Paris

Roman Opałka (né le 27 août 1931 en France à Hocquincourt, dans la Somme, mort le Modèle:Date de mort à Chieti en Italie[1],[2]) est un peintre franco-polonais.

De 1965 à sa mort, il se consacre à l'œuvre de sa vie dont le but est d'inscrire une trace d'un temps irréversible. Ses moyens d'expressions sont majoritairement ses "Détails" (ces fameuses suites de nombres peintes sur toile), des autoportraits photographiques, des enregistrements.

Biographie Modifier

Roman Opałka est né le 27 août 1931 à Hocquincourt (Somme) ou selon d'autres sources à Abbeville-Saint-Lucien (Oise)[3],[4], de parents polonais.

Il suit de 1946 à 1948 une formation de lithographe à l’école de graphisme de Wałbrzych Nowa Ruda. Il poursuit ses études à l’École supérieure des arts plastiques de Łódź en Pologne, en 1949, puis à l’Académie des beaux-arts de Varsovie de 1950 à 1956[5].

Alors diplômé de l'Académie des Beaux-Arts de Varsovie, il devient professeur d'art à la Maison de la culture de Varsovie (1958-1960). Il s'installe définitivement en France en 1977[6]. Il meurt lors de ses vacances en Italie le 6 août 2011 (à 79 ans), à la suite d'une infection généralisée.

Œuvre et réflexion Modifier

On peut noter deux grandes périodes dans la carrière artistique d’Opałka, l’« avant » et l’« après » 1965, date qui marque un grand tournant dans sa vie d’artiste. En 1965 à Varsovie, Roman Opałka attend dans un café sa femme, qui tarde à arriver. Ce temps mort lui donne la solution à son travail en gestation : il a l'idée de matérialiser le temps avec la peinture[7].

L'« avant-1965 » Modifier

Roman Opałka a débuté sa carrière artistique à la fin des années 1950. Il a très vite rencontré un grand succès en tant que graveur et remporté de nombreux prix, tant en Pologne qu'à l'étranger. Non satisfait de son poste de chef décorateur auprès de l'Armée polonaise, il traça sa propre voie dans l'art en cherchant à redéfinir les notions du modernisme et de l'avant-garde en peinture.

Les Chronomes (1962-1963) (peintures monochromes grises entièrement recouvertes de millions de signes blancs), sont inspirés par la pensée uniste de Wladyslaw Strzeminski (1893-1952), grand peintre d'avant-garde polonaise, selon laquelle chaque centimètre carré du tableau a la même valeur artistique. Les toiles de cette série sont une première tentative d'inscription du temps sur la toile. Mais, chaque Chronome se regarde de façon isolée. Le temps n'y est pas assez visible et Opałka cherche à rendre perceptible un temps irréversible[8].

L'« après-1965 » Modifier

L'année 1965 est donc un tournant dans la vie d'Opałka. L'artiste a enfin trouvé une raison de vivre, une idée artistique valant la peine d'être accomplie[9]. Pour lui, sa pratique de peintre conceptuel dépend en partie d'une solution philosophique qui permettrait d'accepter l'existence. La philosophie et l'art sont deux dimensions essentielles au peintre.

Son activité d'artiste rejoint les lois immuables de l'existence humaine : elle visualise l'irrémédiable écoulement d'un temps qui l'achemine vers sa propre fin. Il s'agit pour lui de « capter » le temps, de saisir l'instant, c'est un combat qu'il engage avec son propre corps et dont l'ultime conclusion est la mort. Chaque peinture faite étant en même temps une preuve incontestable de vie.

L'extension de son projet est « une partie d'un tout fondateur » [10]. Son œuvre se matérialise par les différents éléments qui la compose: les détails, les cartes de voyage, les photographies, les enregistrements sonores.

Les détails Modifier

À partir de 1965, année du « 1 », il peint, en majorité sur un format d'échelle humaine, (196×135cm). Il peint en blanc sur fond noir, puis gris, les nombres qui se succèdent sans relâche et sans fin : 1, 2, 3, 4, 5, etc. Chaque nombre représente un instant, une trace irréversible du temps.

En s'engageant dans son premier détail (Détail 1-35327), l'artiste a réduit les moyens plastiques à l'essentiel. Il choisit volontairement de réduire sa palette au noir et blanc. Il s'engage à cet instant consciemment pour toute sa vie dans une seule et unique voie, et alors que l'on pourrait penser qu'il s'installe dans une monotonie, l'artiste répond qu'au contraire, il est l'artiste qui logiquement fait à chaque nombre, quelque chose de réellement différent. À juste titre, pour lui, rien ne se répète jamais (si ce n'est les chiffres composant les nombres)[11].

Arrivé au nombre « 1 000 000 », en 1972, il décide de faire évoluer son travail. Dès lors, à chaque nouvelle toile entamée, il ajoute 1 % de blanc dans la peinture servant au fond de sa toile, initialement noir à 100 %. Petit à petit, les fonds blanchissent, marquant d'une nouvelle manière le temps qui passe. Toutefois, afin de ne pouvoir être accusé de « fraude », Roman Opałka veille à utiliser deux blancs différents, un pour ses nombres (blanc de titane) et un pour le blanchissement progressif de son fond (blanc de zinc). Aussi, même sur ses toiles les plus récentes (donc les plus blanches), on peut encore distinguer le tracé des nombres en regardant la toile sous un certain angle[12].

Les photographies et les enregistrements Modifier

Roman Opałka a entrepris deux autres démarches dans ce projet de vie artistique.

À la fin de chaque séance de travail, Opałka se met dos à sa toile, et se prend en photo selon le même protocole : cadre serré, éclairage lumineux et régulier, fond blanc, chemise blanche, cheveux qui blanchissent, il vient peu à peu se fondre dans sa toile, y disparaître[12]. Ce rituel est pour lui une façon de rendre encore plus visible la dimension physique et humaine de son travail.

Lorsqu'il peint, Opałka s'enregistre sur bande magnétique, lisant, en polonais, les nombres qu'il est en train de peindre. Toujours dans ce projet de « capture » du temps, de l'instant.

Expositions Modifier

Des expositions personnelles de ses travaux sont réalisées régulièrement :

Postérité Modifier

Bernard Noël lui dédie en 2012 son roman Le Roman d'un être[13]. En 2014, Claudie Gallay publie Détails d'Opalka.

Notes et références Modifier

Liens externes Modifier

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