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Raymond Queneau

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Raymond Queneau, né au Havre le 21 février 1903 et mort à Paris le 25 octobre 1976, est un romancier, poète, dramaturge et mathématicien français, co-fondateur du mouvement littéraire de l’« Oulipo ».

Biographie Modifier

Raymond Queneau est né d'une famille de commerçants. Il monte à Paris pour faire des études de philosophie à la Sorbonne où il suit notamment les cours d'Alexandre Kojève sur Hegel.

Il fréquente le groupe surréaliste auquel il adhère en 1924. À la suite de son exclusion en 1930, il participe au pamphlet Un cadavre contre André Breton avec un texte intitulé « Dédé ». Raymond Queneau a relaté de façon satirique son expérience du surréalisme dans Odile, où Breton apparaît sous les traits du personnage d'Anglarès.

Après la rupture avec le surréalisme, il se lance dans l'étude des fous littéraires et travaille à une Encyclopédie des sciences inexactes. Refusée par les éditeurs, cette encyclopédie lui servira pour le roman les Enfants du Limon (1938).

Son service militaire en Algérie et au Maroc (1925-1927) lui permet de s'initier à l'arabe. Au cours d'un voyage en Grèce en 1932 (Odile), il prend conscience du danger de laisser la langue littéraire s'éloigner de la langue parlée. Rapprocher ces deux extrêmes deviendra son grand projet littéraire. Dans les dernières années de sa vie, il reconnaîtra l'échec de cette illusion, et que la télévision, par exemple, ne semblait pas avoir eu l'effet négatif sur la langue écrite qu'il craignait. Il collabore à la revue la Critique sociale de Boris Souvarine, puis au quotidien l'Intransigeant.

C'est en 1933 qu'il publie son premier roman Le Chiendent qu'il construisit selon ses dires comme une illustration littéraire du Discours de la méthode de Descartes. Ce roman lui vaudra la reconnaissance de quelques amateurs qui lui décernent le premier Prix des Deux-Magots. Suivront quatre romans d'inspiration autobiographique : Les Derniers jours, Odile, Les Enfants du Limon et Chêne et Chien, entièrement écrit en vers.

Après quelques piges de journaliste et quelques petits boulots, Queneau entre en 1938 aux éditions Gallimard où il exerce les activités de lecteur, traducteur d'anglais, puis membre du Comité de lecture. Il deviendra en 1954 directeur de la collection La Pléiade. Parallèlement, il fonde une revue (Volontés) et entame une psychanalyse.

C'est avec Pierrot mon ami, paru en 1942, qu'il connaît son premier succès. En 1947, paraissent les Exercices de style, un court récit décliné en une centaine de styles, dont certains seront adaptés au cinéma par Yves Robert. Les Exercices de style ont été inspirés de l'Art de la Fugue de Bach, lors d'un concert avec son ami Michel Leiris, où il eut envie de développer différents styles d'écriture. Sous le pseudonyme de Sally Mara, il publie On est toujours trop bon avec les femmes qui lui vaut quelques démêlés avec la censure. Il traduit le roman de George du Maurier Peter Ibbetson.

À la Libération, il fréquente la jeunesse de Saint-Germain-des-Prés. Son poème Si tu t'imagines, mis en musique par Joseph Kosma à l'initiative de Jean-Paul Sartre, est un des succès de Juliette Gréco. D'autres textes sont chantés par les Frères Jacques. Il écrit des paroles pour des comédies musicales, des dialogues de films dont Monsieur Ripois réalisé par René Clément avec Gérard Philipe et, également, le commentaire du court-métrage d'Alain Resnais Le Chant du styrène. Il réalise et interprète le film Le Lendemain.

Il publie de nouvelles chroniques fantaisistes de la vie de banlieue : Loin de Rueil (1944), Le dimanche de la vie (1952) dont le titre emprunté à Hegel. Un roman plus expérimental, Saint-Glinglin (1948), rassemble des textes publiés séparément depuis 1934.

Amoureux des sciences, Raymond Queneau entre à la Société mathématique de France en 1948. Il s'applique à créer des règles arithmétiques à la construction de ses œuvres, comme, par exemple, le "s + 7" : prendre un texte, n'importe lequel, prendre un dictionnaire, n'importe lequel, généraliste ou thématique, et remplacer tous les substantifs dudit texte par d'autres substantifs trouvés dans le dictionnaire choisi et situés sept places plus loin ou sept places avant par rapport à la place initialement occupée (ou qu'aurait occupée s'il y était) par le substantif à remplacer. En 1950, il publie un texte d'inspiration scientifique Petite cosmogonie portative.

Toujours en 1950, il entre comme Satrape au Collège de ’Pataphysique, et est élu à l'Académie Goncourt en 1951.

En 1959 paraît Zazie dans le métro qui s'ouvre par l'expression « Doukipudonktan ! ». Le succès de ce roman surprit Queneau lui-même et fit de lui un auteur populaire. Une adaptation au théâtre par Olivier Hussenot et au cinéma par Louis Malle suivront.

À l'occasion d'un colloque, (décade de Cerisy), dirigé par Georges-Emmanuel Clancier et Jean Lescure il fonde en 1960, avec François Le Lionnais, un groupe de recherche littéraire appelé l'Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle). Sa soif de mathématiques combinatoires s'épanchera aussi à la coupe de l'Ouvroir qui accueille le "père" de la Théorie des graphes, Claude Berge. Fait absolument singulier ! Raymond Queneau accouchera même en 1972 d'un article dans une grande revue pour chercheurs, Journal of Combinatorial Theory. Quant à l'Oulipo, il aura ses nombreux enfants, plus ou moins sécessionnistes, comme : Ou-X-Po, Oupeinpo, Outrapo, Oubapo...

Avec Cent Mille Milliards de Poèmes (1961), Raymond Queneau réussit un exploit tant littéraire qu'éditorial. C'est un livre-objet qui offre au lecteur la possibilité de combiner lui-même des vers de façon à composer des poèmes répondant à la forme classique du sonnet régulier : deux quatrains suivis de deux tercets, soit quatorze vers. Cent mille milliards est le nombre de combinaisons possibles calculé par Queneau : « C’est somme toute une sorte de machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité ; il est vrai que ce nombre, quoique limité, fournit de la lecture pour près de deux cents millions d’années (en lisant vingt-quatre heures sur vingt-quatre). »

Le roman Les Fleurs bleues (1965), nouveau succès public, illustre l'apologue du penseur taoïste chinois Tchouang-Tseu se demandant s'il est Tchouang-Tseu rêvant d'un papillon ou un papillon rêvant qu'il est Tchouang-Tseu... Il publie également cette année-là un recueil d'études critiques Bâtons, Chiffres et Lettres. Il poursuit son œuvre poétique avec Courir les rues, Battre la campagne, Fendre les flots.

Raymond Queneau meurt le 25 octobre 1976. Une station du métro de Paris lui est dédiée.

ŒuvresModifier

Les Œuvres complètes sont éditées aux éditions Gallimard dans la Bibliothèque de la Pléiade.

Romans
  • Le Chiendent, 1933
  • Gueule de pierre, 1934
  • Les Derniers Jours, 1936
  • Odile, 1937
  • Les Enfants du Limon, 1938
  • Un rude hiver, 1939
  • Les Temps mêlés (Gueule de pierre II), 1941
  • Pierrot mon ami, 1942
  • Loin de Rueil, 1944
  • On est toujours trop bon avec les femmes, 1947
  • Saint-Glinglin, 1948
  • Le Journal intime de Sally Mara, 1950
  • Le Dimanche de la vie, 1952
  • Zazie dans le métro, 1959
  • Les Fleurs bleues, 1965
  • Le Vol d'Icare, 1968
Poésie
  • Chêne et chien, 1937
  • Les Ziaux, 1943
  • L'Instant fatal, 1948
  • Petite cosmogonie portative, 1950
  • Si tu t'imagines, (reprenant les trois premiers recueils), 1952
  • Cent mille milliards de poèmes, 1961
  • Le Chien à la mandoline, 1965
  • Courir les rues, 1967
  • Battre la campagne, 1968
  • Fendre les flots, 1969
  • Morale élémentaire, 1975
  • Analyse logique, 1947
Essais et articles
Divers
  • Exercices de style, 1947
  • Contes et propos, 1981
  • Journal 1939-1940, 1986
  • Journaux 1914-1965, 1996
  • Lettres croisées 1949-1976 : André Blavier-Raymond Queneau, correspondance présentée et annotée par Jean-Marie Klinkenberg, 1988
  • Sur les suites s-additives, Journal of Combinatorial Theory 12 (1972), pp. 31-71
Traductions
  • Le Mystère du train d'or d'Edgar Wallace, avec sa femme Janine, sous le nom de Jean Raymond, 1934
  • Peter Ibbetson de George du Maurier, 1949
  • L'Ivrogne dans la brousse (The Palm wine drinkard) d'Amos Tutuola, 1953

Discographie (Queneau mis en musique)Modifier

  • Raymond Queneau mis en musique et chanté, par Jean-Marie Hummel, Paris : Jacques Canetti, 1991, Jacques Canetti 107752
  • François Cotinaud fait son Raymond Queneau, par l'ensemble Text'up 2004, Label Musivi
  • Si tu t'imagines, de Raymond Queneau (musique Joseph Kosma), par Juliette Gréco, 1949


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