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Nouvelle figuration

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La Nouvelle Figuration est un mouvement artistique qui fait la transition entre l’abstraction hégémonique des années 1950 et une figuration dite narrative qui voit le jour en 1965 pour célébrer les Trente glorieuses. Dès 1958, la mise en place d’un régime présidentiel invite un certain nombre de peintres abstraits à traduire leur ressenti face à une actualité menaçante. Ils s’affranchissent de la neutralité du signe par le passage du signifiant au signifié.

Historique Modifier

À cette date, la guerre froide a eu pour effet d’opposer une domination de l’art abstrait à l’ouest face à une figuration décriée à l’est tandis qu’à Paris, des “événements” liés à une guerre d’indépendance de l’Algérie sont régulièrement censurés sur le plan culturel de l’information bien qu’ils s’offrent au regard critique de l’artiste comme d’innocents sujets d’actualité.

Concernant un massacre en date du 17 octobre 1961, un négationnisme d’état favorise le courant des Nouveaux Réalistes qui trouve refuge auprès de Marcel Duchamp à New-York à la suite d’une déclaration d’Arman : “en octobre 61, il ne se passait rien à Paris”.

Inévitablement le thème des émeutes traité par Robert Lapoujade à la galerie Domec en 1962 ou celui des manifestations par François Jousselin à la galerie Massol la même année, ne pouvaient qu’irriter la censure au point de voir condamner au silence l’ensemble du groupe épris d’une égale impertinence.

Un esprit frondeur traite avec insolence les sujets les plus graves : les dangers du nucléaire, les effets de la psychanalyse sur l’aliénation, l’envoi d’un homme dans l’espace, l’accouchement sans douleur, l’attentat entre factions rivales, la circulation automobile arrivée à saturation, etc...

Les noms de Maryan, Pouget, Lindström, John Christoforou, Grinberg, Hugh Weiss, Agayo, Pellotier sont à retenir comme les auteurs d’une nouvelle dissidence présentée au public de 1958 à 1962 par les galeries Breteau, Ariel, Charpentier, Rive-Gauche; Jeanne Bucher, Shoeller, Durand, etc...

Un marchand de tableaux, Mathias Fels saisit l’occasion de montrer dans sa galerie du boulevard Haussmann, des valeurs sûres de la figuration d’antan mêlées de quelques rares transfuges de l’abstraction au cours de deux expositions, l’une en 1961 et l’autre l’année suivante.

Cependant toute confusion possible est écartée par l’auteur de la préface, Jean-Louis Ferrier, professeur à l’Ecole Pratique des Hautes Études en Sciences Sociales. Les nouvelles structures du récit à l’origine du nouveau roman ou de la nouvelle vague, lui fournissent un titre qui prend valeur de manifeste : la Nouvelle Figuration.

La presse s’empare aussitôt de cette formule pour qualifier l’émergence du réel chez des transfuges de l’abstraction de plus en plus nombreux.

Toujours en 1962 : la crise de Cuba a pour conséquence un fléchissement de la cote de l’art abstrait.

L’inquiétude gagne le milieu des Réalités Nouvelles face à une gangrène de la figuration. En 1964 les caciques de l’art abstrait expriment avec vigueur leur indignation lors d’une session houleuse du salon réunie en assemblée générale. Ils invitent les membres de l’association au respect des statuts conformément à la tradition de l’art pour l’art.

Le premier ministre, alerté par son frère, délègue André Malraux pour un retour à l’ordre.

L’interdiction de penser la guerre d’Algérie autrement qu’en termes “d’événements”, d’utiliser le terme de “massacre” pour qualifier la journée du 17 octobre 1961 ne sera levée qu’en 1999, le temps nécessaire pour ne conserver de la Nouvelle Figuration que, le titre adapté à une nouvelle génération d’artistes au regard tourné vers les Etats-Unis.

Le caractère subversif de la Nouvelle Figuration est éliminé dès qu’un hôtel particulier est offert aux artistes par le baron Rothschild, un riche banquier allié du pouvoir, pour y installer un bureau d’aide sociale.

Un recensement de tous les artistes présents sur le marché de l’art est naturellement organisé à cet effet tandis qu’une fondation en vue d’importantes manifestations voit le jour dans les salons de la vaste demeure.

En 1964, Gérald Gassiot-Talabot organise à l’Arc, la première exposition officielle d’art contemporain qui met fin à soixante ans d’art moderne.

Entre les deux, un missing link existe : la Nouvelle Figuration représentée au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, de Lausanne, Mons, Stockholm, Pittsbourgh, etc...

La Figuration française s’affirme vers 1965 autour de l’intérêt pour l’image médiatisée et de son traitement lisse de la surface en aplats, servant une iconographie préoccupée par le social ou par l’anecdote.

Deux expositions-suite aux événements d’Algérie signent la présence et la cohésion du mouvement dans l’art contemporain : Mythologies quotidiennes; Arc 1964 et Figuration Narrative 1965, galerie Creuse.

L’appellation “Figuration narrative” exploite l’apport particulièrement critique de la Nouvelle figuration et tend à concilier l’art abstrait et le réel. Cette orientation interroge l’actualité pour faire la chronique des heures et des jours, le citoyen pour célébrer les comportements du citadin. Face au problème classique de la représentation du temps par l’image, ce courant narratif amène des solutions qui tiennent compte des apports spécifiques du cinéma et de la bande dessinée et qui aboutissent notamment à une dimension poétique volontairement absente du pop-art.

Ils portent leur intérêt aux scènes de la vie quotidienne et aux mythologies (politiques, sociales, morales) qui en découlent; leurs sources sont la bande dessinée, le cinéma, la photographie, les images de tous les jours ; ils réalisent des peintures figuratives, volontairement froides et distanciées, qui cherchent à maintenir continuellement en éveil notre rapport critique aux images de la réalité.

En effet, ces artistes se retrouvent accusés d’être cinématographiques, publicitaires, d’utiliser les codes de la bande dessinée ou de céder à l’anecdote, cependant aucun de ces artistes ne se résout à utiliser systématiquement les techniques mécaniques de la reproduction ; ils persistent tous à travailler à la main. Ils ne se résignent pas à laisser la peinture déserter le terrain des images. Mais même s’ils obéissent aux mêmes impératifs techniques que les hyperréalistes, cette génération d’artistes européens a produit quantité d’œuvres qui bien que d’inspiration photographique présentent des prolongements philosophiques, politiques, moraux ou sentimentaux.

Les artistes de ce mouvement de "Figuration narrative" , comme dit précédemment, font un usage direct de la photo et/ou du cinéma. Ils recyclent des images un peu comme les artistes pop. Cependant le Pop art fige l’image alors qu’eux utilisent l’image dans une continuité, dans une narration. D’ailleurs il faut faire attention à bien distinguer la bande dessinée du Pop art dans le sens où la bande dessinée « raconte une histoire » et les pop artistes qui « figent un fragment de l’histoire » ne racontent donc pas d’histoire.

L’image décomposée, l’image neutralisée, l’image transformée, l’image déviée dans un sens nouveau que n’avait pas prévu les premiers auteurs. Subjectivement ou politiquement, la figuration narrative ne perd jamais l’idée qu’il faut provenir du sens alors que beaucoup d’artistes ne croient pas cela nécessaire et ne s’intéressent pas au sens.

Une œuvre exemplaire de ce mouvement est une œuvre de trois compères liés par l’amitié davantage que par un parcours artistique commun qui sont Aillaud, Arroyo et Antonio Recalcati : ils décidèrent de réaliser une œuvre commune relevant de « l’extravagance lyrique, du paroxysme romantique » comme le soulignait Gérald Gassiot-Talabot dans le texte de la présentation de la Figuration narrative dans l’art contemporain. Cette œuvre , appelée « Vivre ou laisser mourir » ou encore « La fin tragique de Marcel Duchamp », est une série de huit toiles éminemment narratives, immédiatement devenue célèbre, aujourd’hui installée au Musée Reina Sofia de Madrid, Aillaud, Arroyo et Antonio Recalcati visaient moins la personne de Marcel Duchamp (encore vivant à l’époque) que la culture comme noblesse d’un mouvement. Ils affirment alors, avec la Jeune Peinture dont ils étaient par ailleurs devenus animateurs essentiels, que Marcel Duchamp n’est qu’un pion de la culture bourgeoise et même son défendeur le plus efficace parce qu’il l’incarne de manière masquée. Le but de ces tableaux est de détruire l’icône qu’est devenu l’auteur du « Nu descendant l’escalier ». Arroyo reviendra sur les intentions du trio en disant que le but visé ne consistait pas à faire des tableaux beaux ou laids, mais d’agir directement avec des images. Dans les toiles, Duchamp aurait programmé sa mise à mort, et les auteurs de la série, se représentant comme de minables petits malfrats, ajoutaient une ambiguïté supplémentaire. Il utilisaient plusieurs modalités narratives : l’écrit-manifeste qui accompagne l’œuvre, la suite de tableaux, la confrontation de copies (le Nu, Fountain et le Grand Verre sont représentés), ainsi que des images inventées par eux. À la huitième et dernière séquence, après que Duchamp a été dépossédé de ses vêtements, de ses œuvres et de son corps, on assiste à une mise au tombeau, pop artistes et Nouveaux réalistes portant le cercueil. La polémique s’élargit à une attaque contre le pop art dans ses versions américaine et française, désignées comme des auxiliaires de la société bourgeoise anesthésiant la culture, au même titre que Duchamp lui même. On imagine facilement l’émotion suscitée par cette série, qui fut assez forte pour résumer à elle seule la Figuration narrative dans la plupart des mémoires.

Peintres de la Nouvelle figuration Modifier

Galeries spécialisées sur la Nouvelle Figuration Modifier

Principaux musées francais exposant la la Nouvelle Figuration Modifier


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