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Monique Frydman

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Monique Frydman
Monique Frydman en 1995.
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Monique Frydman est une artiste peintre française, née en 1943 à Nages dans le Tarn, figure de l'abstraction française.

Biographie Modifier

Après des études à l'École supérieure des beaux-arts de Toulouse, elle s'installe à Paris à partir de 1964 où elle fréquente l'atelier de peinture de l'ENSBA et rencontre François Rouan et Pierre Buraglio.

En 1966, comme de nombreux artistes engagés en Europe, Monique Frydman arrête la peinture[1], pour se consacrer au militantisme et notamment au féminisme[2].

Elle reprend son travail en 1977 par de grands dessins de corps. Peu à peu le glissement se fait vers une peinture plus abstraite. Dans une période où les artistes ont abandonné la toile, le papier et le dessin, Monique Frydman persiste dans la peinture. C’est aussi pendant cette période qu’elle commence à se servir du papier de soie ou « papier Japon » : d’abord contrecollé sur la toile, pour séparer le dessin de la couleur, le papier Japon sera ensuite le matériau principal de son travail entre 1979 et 1983 avant de devenir une récurrence forte dans son travail[1].

1984 marque l’arrêt du travail sur papier de soie et le début de la peinture de grands formats sur toile de lin : dans un premier temps l’association de traits au fusain et de formes colorées, dans un second temps une immersion dans la couleur, qui passe du sépia / brun à des tons clairs, et bientôt des couleurs vives, liées à ses voyages (Inde, Australie)[2].

En 1989 la mise en place d’une autre méthode de travail plus « tactile » où la toile, posée au sol et humidifiée par la colle, reçoit le pigment par imprégnation et le pastel par frottage. Les séries de cette période (L’Ombre du Rouge, Violet, Les Dames de Nages, Senantes) indiquent un virage progressif vers plus de monochromie.

En 1994-95 un autre protocole s’y ajoute, qui libère le geste de l’habitude prise : des cordes traînant au sol lui offrent par hasard la solution d’une empreinte à l’aveugle — sous la toile — par frottage, d’éléments disposés préalablement de manière aléatoire.

Une cinquième famille d’œuvres se met en place en 2005 à l’occasion de l’exposition au musée Matisse et de la collaboration de l’artiste avec l’atelier de sérigraphie Seydoux d’une part, sa visite des usines de dentelles d’autre part. Ce n’est plus la toile posée au sol qui reçoit la couleur et le geste mais les feuilles de papier peint et les tissus qui sont encrés à l’aide du procédé sérigraphique. Cette période marque le passage à un format architectural : le détour par des matériaux industriels est assumé, ainsi que la réflexion sur le décoratif et une grande diversification technique.

Son attrait pour le monumental et l’architectural, se retrouve dans plusieurs réalisations à partir de 2007 : la station de métro Saouzelong à Toulouse avec l’atelier Duchemin, maitres verriers (2007), le Mur des lisses (2007), le paravent Fenêtre sur Cour (2012) pour la manufacture des Gobelins et le Kaléidoscope (2012), couloir de verre réalisé pour son exposition au musée de Kanazawa au Japon[3]. C’est là, toute une réflexion sur la couleur et la transparence déjà abordée dans les œuvres de tarlatanes (les Damiers, Le Grand Mural Jaune, Red Room ) et de papier japon (Whisper, Murmure).

Elle réalise en 2013 pour le Salon Carré du Louvre une œuvre monumentale double face, le "Polyptyque Sassetta", qui s'inspire d'une des plus grandes commandes du Quattrocento, le Polyptyque du Borgo Sansepolcro, du peintre siennois Sassetta.

Elle est mariée au gynécologue René Frydman.

Œuvre Modifier

Le travail de Monique Frydman montre un grand attachement à la peinture et à des techniques et matières auxquelles elle est fidèle depuis le début : une dose de hasard (qu’elle distribue selon les périodes, l’utilisation de différentes techniques d’imprégnation progressive de la couleur sur de multiples supports (toile de lin, de coton, papier Japon, tarlatanes, pigments et pastels) l’équilibre entre le travail pictural et le travail graphique avec l’utilisation du papier. Ses œuvres montrent un désir d’immersion physique dans la couleur, qui lui fait privilégier des formats monumentaux.

« Mes tableaux n’ont rien d’anthropomorphique ni d’organique […]. J’essaie de rendre visible l’origine du visible[4]. »

Expositions Modifier

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Commandes publiques Modifier

  • L'Âge d'or, hôpital L'Archet II, Nice
  • Paravent Fenêtre sur Cour, réalisé pour la Manufacture des Gobelins sur commande du Mobilier National, Paris
  • Université Yamanashi-Gakuen, Kōfu préfecture Japon
  • La Danseuse de cordes, Claustra de cylindres de porcelaine, prototype réalisé par les Manufacture Nationale de Sèvres
  • Aménagement de la station de métro (Saouzelong) de Toulouse
  • Le mur des Lisses, installation pour l’inauguration de la galerie de la Manufacture des Gobelins, Paris

Notes et référencesModifier

  1. 1,0 et 1,1 Eric de Chassey, « D'une nature instable… Quelques observations sur l'œuvre sur papier de Monique Frydman », in Monique Frydman, l'œuvre sur papier, musée de Brou, Bourg-en-Bresse, 2003.
  2. 2,0 et 2,1 An Itinerary in Colour, Camille Morineau, in Monique Frydman, 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa, Éditions AKAAKA Art Publishing Inc, 2012.
  3. Monique Frydman, 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa, Éditions AKAAKA Art Publishing Inc. Textes : Endless Conversations, Emiko Yoshioka.
  4. « L'ombre du Rouge, Entretien avec Monique Frydman », catalogue de l'exposition personnelle de Monique Frydman à la galerie Alice Pauli, Lausanne, 1990.

Annexes Modifier

Bibliographie Modifier

Catalogues
  • Monique Frydman, Camille Morineau, Éditions du Regard, Paris, 2013
  • Monique Frydman, 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa, Éditions AKAAKA Art Publishing Inc. Textes : Endless Conversations, Emiko Yoshioka, An Itinerary in Colour, Camille Morineau
  • Décor et Installation, éd. Dilecta, Mobilier National. Texte : Fenêtre sur cour, Françoise Ducros
  • Inside/Out, Entretien entre Monique Frydman, par Monique Canto-Sperber, 2011
  • No Man's Land, éditions Hachette Fujingaho, 2010
  • Métissages, éditions Musée Baron Gérard, 2009
  • elles@centrepompidou, éditions du Centre Pompidou, 2009
  • Monique Frydman Whisper, éditions Fondation d'Entreprise Hermès, 2008
  • Joindre et rejoindre. L'art et le métro de Toulouse, François Barré, éditions Panama Musées, 2007
  • Les formes de la couleur, Centre d'art contemporain Bouvet Ladubay, 2006
  • Monique Frydman la couleur tissée, exposition au Musée Matisse, Cateau-Cambresis, 2006
  • Monique Frydman : L'œuvre sur papier, expositions 2002-2003, Musée de Brou, Bourg-en-Bresse ; Musée d'Art Moderne, Céret ; Museé des Beaux-Arts, Tourcoing, 2006
  • Révélé, exposition Galerie Jacques Elbaz, Paris, 2001
  • Les sombres, exposition Galerie Sollertis, Toulouse, texte de Stéphane André, 1999
  • Cahiers Henri Matisse, Musée Matisse, Nice, texte de Xavier Girard Lettres d'Amérique, 1997
  • Monique Frydman. Les dames de nage 1992-1995, Musée des Beaux Arts de Caen. éditions Adam Biro, 1995
Ouvrages généraux
  • José Alvarez, Un XXe siècle artistique, éditions du Regard, 2011
  • Catherine Gonnard, Elisabeth Lebovici, Femmes artistes, artistes femmes, Paris de 1880 à nos jours, éditions Hazan, 2007
  • Alberte Grynpas Nguyen, Tapis, tapisseries d’artistes contemporains, éditions Flammarion, 2006
  • Henri Claude Cousseau, La Nuit claire, éditions Jacqueline Chambon, 2005
  • Jean-Luc Chalumeau, Où va l’art contemporain ?, éditions Vuibert, 2005
  • Yves Michaud, Atelier au féminin, éditions Au Même Titre, 2005
  • Marie-Jo Bonnet, Les Femmes artistes dans les avant-gardes, Ed. Odile Jacob, 2006
  • Marie-Jo Bonnet, Les Femmes dans l'art, Ed. de La Martinière, 2004
Articles
  • Diana Quinby, « La peinture de Monique Frydman, 1977-1983 : de la violence à la libération de l'imaginaire féminin », in Création au féminin, volume 2 : Arts visuels, éditions Kaléidoscope EUD, 2006

Liens externes Modifier

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