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Art contemporain

Didier Chamizo

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Didier Pierre Chamizo est un peintre contemporain français né le 15 octobre 1951 à Cahors (Lot). Il fait partie du mouvement de la Figuration libre.

ParcoursModifier

Il passa plus de dix ans en prison pour avoir participé, dans cette époque de l'après mai 1968 où le gauchisme faisait des adeptes, à la lutte armée, à des attaques de banques. En 1985, les premières toiles de la série "Liberté" sont peintes à la prison de Saint-Étienne, message lancé par le peintre détenu lors du bicentenaire de l’indépendance des États-Unis.

De 1986 à 1989, Chamizo redonne vie au magazine L'Écrou en y assurant les fonctions de rédacteur en chef, de pigiste et surtout d’illustrateur. Les parloirs du détenu tiennent plus du salon que de la geôle. Des journalistes viennent y interviewer ce phénomène: René Deroudille, éminent critique d’art, découvre le peintre et salue dans un article la série "Liberté".

Durant l’été 1988, il dirige une équipe de détenus et peint avec eux l’intégralité du couloir souterrain qui relie les prisons Saint-Joseph et Saint-Paul. Là, sur le mur de béton, il créera son premier "Quatre en cellule".

De la série "Liberté" le peintre passe à la série "Révolution". Marianne, La Marseillaise de Rude, le David Apollon de Michel-Ange remplacent la statue de la Liberté. En 1989, le ministère de la Culture nomme Chamizo lauréat du bicentenaire. Chamizo se consacre dès lors à développer l’"abstraction lettrique", une imbrication colorée de mots chers à son cœur, ceux de l’article 3 de La Déclaration universelle des droits de l’homme : "Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne." Écrits dans toutes les langues, ces mots s’épanouissent en fond de ses tableaux ou sur des carcasses de téléviseurs.

En juillet 1991, au terme de neuf années d’emprisonnement, Chamizo bénéficie de sa première permission. C’est là qu’il va rencontrer "Lolo", Laurence Revais, journaliste avec qui il correspondait de temps en temps. C’est le coup de foudre. La libération est proche. À la fin du mois d’août, ils se retrouvent à l’occasion d’un nouveau transfèrement vers la maison d’arrêt de Cahors où l’artiste doit bénéficier d’une semi-liberté pour achever sa peine. Il est libéré le 11 novembre 1991.

Durant l’été 1992, il réalise une peinture monumentale de huit cents mètres carrés sur un mur de béton brut implanté en bordure de la rivière Lot. Il y relate à sa manière huit mille ans d’histoire du vin, soutenu dans ce projet par le ministère de la Culture et la Fondation Cartier pour l'art contemporain. Puis il s’envole pour la Réunion, invité par Alain Séraphine. Il fera une intervention à l'école des Beaux-Arts de la Réunion où il peindra en direct, devant les étudiants, deux portes de l’école.

Chamizo réside en Ardèche quand, en janvier 1993, il reçoit un courrier de la chancellerie. François Mitterrand vient de lui accorder une grâce présidentielle. L’artiste est enfin libre.

Septembre 1994, Chamizo peint le fond de scène de la fête de l’Humanité, sur le thème de la danse, tout en participant à l’exposition "Plis d’excellence" au musée de la Poste, où sont présentées ses Lettres d’amour à Lolo, hautes de plus de deux mètres. L’année s’achève avec l’entrée de l’art contemporain au cirque : Chamizo réalise le rideau de scène pour la soirée de gala du cirque Arlette Gruss, sur une idée d’Yves Mourousi.

Deux galeries parisiennes montrent ses œuvres: Éric de Montbel en mai, puis S. 21, qui expose Jean-Pierre Raynaud, Jean-Jules Chasse-Pot, Richard Di Rosa, décide d’accueillir ses travaux en permanence. La fin de l’année offre à Chamizo l’occasion de renouer avec le grand format qu’il affectionne: Jacques Konckier lui passe commande, pour la fondation Balenciaga, d’une œuvre de deux mètres sur deux, sur le thème de Narcisse.

Début 1996, Chamizo crée une sculpture, Le Livre magique, pour "Livrôtrésors", exposition organisée par le centre culturel Aragon d’Oyonnax. Il s’associe à "Schizophrénies-Discordances", une présentation collective qui se tient salle Gaveau, à Paris, aux côtés de Peter Klasen, Erró, Ben, Robert Combas… D’octobre à décembre, Chamizo réside et expose au centre culturel français de Surabaya, en Indonésie. Côté création, sous le pseudonyme "Chamirosa", des œuvres peintes naissent d’un travail à quatre mains, en collaboration avec le sculpteur Richard Di Rosa, d’après les contes et les légendes du monde entier.

En septembre, "Ma mythologie du cinéma" célèbre le festival du cinéma américain de Deauville, au casino. Parallèlement à son œuvre, Chamizo s’implique activement, et volontairement sans éclats médiatiques, à des actions humanitaires en faveur des enfants. Tout au long du conflit yougoslave, il a mobilisé de nombreux amis artistes pour collecter argent et produits de première nécessité. Ensemble, ils offrent à la fin de la guerre de nombreuses œuvres à l’Académie des beaux-arts de Sarajevo. À l’atelier, Chamizo poursuit sa quête de "Masques" en même temps qu’il donne naissance à une autre série, "L’Église cathodique".

En juin 1998, Chamizo participe à "80 artistes autour du Mondial", une exposition collective organisée par la galerie Enrico Navarra, à Paris, avec Francesco Clemente, Jeff Koons, César, Arman, Niki de Saint-Phalle, Kenny Scharf... Chamizo attaque alors à un nouveau mur dont le thème est "Planète Foot". Une fois encore, l’artiste renoue avec le public ce contact direct qu’il apprécie tant. Passants et automobilistes le rencontrent autour de son "atelier-échafaudage" et suivent pendant quatre semaines la réalisation d’une œuvre d’art contemporain, en pleine rue. L’année 1998 se clôt sur une nouvelle exposition stéphanoise, à la galerie Les Tournesols, où Chamizo présente ses tableaux aux côtés des sculptures de Richard Di Rosa.

ExpositionsModifier

  • Entre 1987 et 1988, l’exposition "Liberté" est présentée dans six villes françaises, parmi lesquelles la fondation Boris Vian à Prades et à Paris, et "Octobre des Arts", à Lyon.
  • 1990 Lyon, galerie Chomarat, exposition sous le titre Printemps 90.
  • 1990 Exposition personnelle à la Binotti Gallery de New York.
  • 1990 Décembre, Paris, galerie Albert Ier.
  • 1992 "Complicités d’évasions" exposition collective dans les prisons de Lyon et de Créteil aux côtés de Gérard Garouste, Philippe Favier, Robert Combas, des frères Hervé Di Rosa et Richard Di Rosa...
  • 1993 galerie de Nesle - Saint-Germain-des-Prés - Paris.
  • 1993 exposition au centre culturel d’Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire.
  • 1994 galerie des 4 Coins de Roanne.
  • 1994 galerie de Nesle - Saint-Germain-des-Prés - Paris.
  • 1994 "Plis d’excellence" au musée de la Poste - Paris.
  • 1995 Éric de Montbel - Paris.
  • 1995 S. 21 - Paris.
  • 1995 Maison du peuple du Cailar - Camargue.
  • 1995 fondation Balenciaga.
  • 1995 Abou Dabi exposition privée au palais de Ganthoot.
  • 1996 "Livrôtrésors" - exposition organisée par le centre culturel Aragon d’Oyonnax.
  • 1996 Cinquantenaire de Filofax - galerie Gilbert Brownstone.
  • 1996 "Schizophrénies-Discordances", présentation collective salle Gaveau, Paris.
  • 1996 Retrospective "Droits de l’homme 1986/1996" - abbaye Saint-Michel ville d’Hirson.
  • 1996 Centre culturel français de Surabaya, en Indonésie.
  • 1997 "Art dans la ville" - Horizons Nomades - Saint-Étienne.
  • 1997 Retrospective "Droits de l’homme 1986/1996" - Fourmies.
  • 1998 "80 artistes autour du Mondial" - galerie Enrico Navarra, Paris.
  • 1998 Trois Totems - Château de Gonneville.
  • 1998 Galerie Les Tournesols - Saint-Étienne
  • 1999 Rétrospective Chamizo - Musée Henri Martin - Cahors
  • 2000 Chamizo - galerie Soho de Marisa Berenson, New York.
  • 2002 Chamizo, galerie Eric de Montbel, Paris.
  • 2003 New York, New York, Opera Gallery, Spring Street, New-York.
  • 2005 Peinture Fraîche, galerie Lucie Weill et Seligmann, Paris.
  • 2007 Installation de Portes de prisons, sur le Causse du Lot (près de Cahors)
  • 2007 Exposition Didier Chamizo/Bernard Pras à la Chantrerie à Cahors.

BibliographieModifier

  • 1992 Création et prison, Éditions de l’Atelier.
  • 1995 Chamizo - collection "Passeport" - Fragments Éditions.

FilmographieModifier

  • 1989 Reportage "Comité de soutien à Didier Chamizo" - Cécile Philippe - FR3 Rhône-Alpes.
  • 1990 "La Création vagabonde" - François Reichenbach - diffusé sur Antenne 2.
  • 2002 Didier Chamizo figure dans la série "Place à l'Art contemporain!" de Jacques Bouzerand et Thierry Spitzer, diffusée sur France 5
  • 2007 Didier Chamizo est l'un des intervenants d' un film de Sophie Bonnet diffusé dans la série des "Dossiers Scheffer" (présentés par Arnaud Poivre d'Arvor). Le film a été diffusé sur France 5 les 13 et 15 avril 2007.

Liens externesModifier

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