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Cindy Sherman

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Cindy Sherman (née en 1954 à Glen Ridge, New Jersey) plasticienne contemporaine,, photographe américaine. Elle vit et travaille à New York.

BiographieModifier

Cindy Sherman est née en 1954 à Glen Ridge dans le New Jersey. Ses parents juifs ont déménagé peu après à Huntington (Long Island) où elle a grandi. Durant ses études artistiques au State University College de Buffalo (New York), l'artiste américaine s'est d'abord intéressée à la peinture puis s'est tournée vers la photographie en tant qu'elle peut être un medium d'un art conceptuel. Elle a été diplômée en 1976, et s'est installée à Manhattan en 1977 où elle a commencé à réaliser sa première série d'autoportraits. En 1979 a eu lieu sa première exposition personnelle à Hallwalls, espace d'exposition indépendant qu'elle avait créé avec deux autres artistes : Robert Longo et Charles Clough.

Œuvres Modifier

Pour Cindy Sherman, ses photographies sont à comprendre comme de l'art conceptuel. Son travail qui se présente sous forme de séries mène entre autres une réflexion sur le medium photographique, en rapport avec la peinture, et sur la place de la femme et se représentation dans la société contemporaine. C'est elle qui sert de modèle à ses photographies. Son travail critique la société contemporaine qui se caractérise, selon, par la mise en scène.

Les jeux de la séduction, de la souffrance, du burlesque, de l’androgyne, de la monstruosité sont autant de mascarades dont use Cindy Sherman à travers ses photographies, afin d’explorer les stéréotypes sociaux, et en particulier l’identité individuelle féminine et les fantasmes qui en découlent.

Son travail et son inventivité foisonnante se manifestent à travers les rôles sans cesse changeants qu’elle s’impose : à la fois femme-îcone, femme-poupée, femme-prothèse, femme-madone, Cindy Sherman produit un travail de déconstruction subversive des codes de la représentation féminine dans toutes ses dimensions, sexuelles, politiques, sociales ou encore historiques.

Elle critique tout particulièrement l'image et le rôle assigné à la femme américaine moyenne des années 60-70. Ses autoportraits où elle se met en scène dans des costumes et des attitudes variées sont autant de questionnement sur l'identité et ses modes de représentations. L'œuvre de l'artiste américaine est influencée par de nombreux et très différents types d'images : de l'image picturale et cinématographique à l'image de publicité, de magazine ou encore à l'image érotique. Elle déclare à propos de son œuvre : « Bien que je n'aie jamais considéré mon œuvre comme féministe ou comme une déclaration politique, il est certain que tout ce qui s'y trouve a été dessiné à partir de mes observations en tant que femme dans cette culture. » Son œuvre dont la dimension critique vis-à-vis de la société contemporaine et de ses différents modes de représentations semble évidente reste tout de même ouverte à de nombreuses interprétations. Cindy Sherman dont le travail est actuellement reconnu sur la scène artistique mondiale est une des pionnières de la photographie post-moderne.

Ses œuvres s'organisent autour de séries.

  • Untitled Film Stills ("Photographie de plateau sans titre"), années 1977-1980

Série d’environ 80 photos en noir et blanc qui reprend le genre des « stills » des films de série B des années cinquante.

Chaque stills de Cindy Sherman est l’image d’une femme stéréotypée, dans un décor réel. Mais si les photos sont faciles à situer au premier regard, elles ont quelque chose d’inconfortable. C’est ce sentiment d’« inquiétante familiarité » qui est l’aspect le plus remarquable des stills. Ce qui donne aux photos de Sherman une autre dimension que celle de simples stéréotypes, c’est qu’elle sait parfaitement ce qui se passe avec la femme qu’elle représente et qu’elle prend ses distances avec le personnage dans lequel elle s’est glissée. Elle se différencie autant du stéréotype de la star américaine comblée que son visage se différencie des innombrables représentations qu’elle en donne. Le visage de Cindy Sherman est une base neutre sur laquelle elle inscrit d’innombrables visages dans des myriades d’incarnations.

Les stills alimentent de nombreuses théories. Pour l’historien d’art Richard Brillant, ils sont des autoportraits. Pour David Rimanelli (Marxisme|marxiste de l’école de Francfort), il ne sont le portrait de personne puisque l’idée d’un sujet unitaire est en soi une fiction. Pour les féministes, les stills définissent le sexe féminin privé de son individualité par les conventions sociales. La femme Cindy Sherman ne peut se définir qu’à travers un répertoire de rôles indiquant les limites que la société impose aux femmes.

  • Rear Screen Projections, 1980

Dans cette série, la première en couleur, Sherman se photographie devant des projections de diapositives et fait référence au monde et aux images de la télévision.

  • Centerfolds/Horizontals, 1981

Cette série est à l'origine issue d'une commande faite à l'artiste d'un portfolio pour le magazine Artforum. Ce travail n'a finalement pas été publié car les photographies ont été controversées. En effet, pour ce travail, Sherman reproduit le cadre horizontal et serré sur des personnages féminins allongés, esthétique propre aux magazines et revues de charme. Par ailleurs, elle prend ses sujets dans des attitudes où transparaît leur fragilité.

  • Pink Robes, 1982
  • Fashion, 1983/1984/1993/1994

Cette série est issue de quatre commandes  : une pour la revue Interview en 1983, une pour le magazine Vogue en 1984, une pour Harper's Bazaar en 1993 et une pour la "maison de la culture japonaise" : Comme des garçons en 1994. Dans ses photographies, Sherman réinterprète et transforment les codes et les règles de la presse de Mode (habillement)|mode pour créer des images dérangeantes qui transgressent les conventions de cette presse spécialisée.

  • Fairy Tales, 1985
  • Disasters, 1986-1989
  • History Portraits/Old Masters, 1988-1990

Avec les History Portraits, Cindy Sherman dévoile l’aspect artificiel de certaines œuvres de l’histoire de l’art en surenchérissant leur aspect artificiel. Les tableaux qu’elle réalise sont remplis d’éléments comiques mais, au-delà, ils dévoilent quelque chose d’effrayant.

Les History Portraits sont des happening qui mettent en question le rapport que nous avons avec l’art. Ils mettent en jeu la distance qui sépare le souvenir de la vérité. Le rapport entre les images de Cindy Sherman et leur original est comparable au souvenir incomplet d’un tableau face au tableau lui même. Ils témoignent des processus déformant de la mémoire. Nous sommes dans l’espace entre ce que nous percevons et les images souvenir. Le fait qu’elle ait travaillé à partir de reproductions corrobore la thèse de Baudrillard selon laquelle nous vivrions dans un monde de simulacre. Pour se « déguiser », elle utilise des prothèses : des faux nez, des moustaches, des sourcils et beaucoup de « faux nichons » pour reprendre ses termes. Par ces accessoires extravagants elle va plus loin qu’un simple travestissement, en rendant visible ce qui la métamorphose. Elle nous montre que les sujets des tableaux historiques étaient affublés de corps et de visages aussi conventionnels que leurs toilettes.

Lorsqu’on compare «La Madone de Melun » de Jean Fouquet à la version de Sherman, on a l’impression d’assister au dévoilement des fantasmes de l’époque sur l’image de la femme.
Elle déclare : « quelqu’un trahissait son ignorance parfaite de l’anatomie féminine, peinte comme si elle avait des pamplemousses en guise de seins. C’est pourquoi, sur le tableau, j’en ai fait des globes ».

  • Civil War, 1991
  • Sex Pictures, 1992

Elle met en scène des mannequins en plastique. Démembrée, la femme-tronc est réduite à un orifice. Elle remet en cause les représentations sexuelles étriquées de la femme.

  • Horror and Surrealist Pictures, 1994-1996
  • Masks, 1994-1996
  • Office Killer, 1997, starring Jeanne Tripplehorn, Molly Ringwald and Carol Kane

Il s'agit du premier film de Cindy Sherman, film d'horreur traitant de la place de la femme dans la société et de dimensions historiques

  • Broken Dolls, 1999
  • Hollywood/Hampton Types, 2000-2002
  • Clowns, 2003-2004

Le masque de clown est le plus énigmatique. A les regarder, le rire s'étrangle pour nous effrayer. D'une certaine manière, cette série est une sorte de réponse aux réactions américaines post 11 septembre 2001 : adopter un sourire forcée face aux évènements en attendant des jours meilleurs. Elle se sert de ces déguisements pour faire tomber les masques de la société.

L'usage de la technique numérique permet des fonds très colorés et des montages de plusieurs personnages, et condense la dimension carnavalesque de l'œuvre de Cindy Sherman, dans ce qu'elle peut avoir de contradictoire et d'excessif. Le choix du clown, par Cindy Sherman, est un véritable manifeste, ce choix n'est pas seulement l'élection d'un motif pictural ou poétique, mais une façon détournée et parodique de poser la question de l'art.

Voir aussi : Portrait : Cindy Sherman ou la femme « plurielle »

Galerie Modifier

Fichier:Sherman77.jpg

Untitled Film Stills, 1977

Fichier:Sherman94.jpg

Mask, 1994

Fichier:Sherman78.jpg

Untitled Film Stills, 1978

Fichier:Sherman87.jpg

Disaster, 1987

Fichier:Sherman90.jpg

History Portrait, 1990

Fichier:Sherman03.jpg

Clown, 2003

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