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Cet article traite à la fois de l'École de Paris et de la Nouvelle École de Paris (ou Seconde École de Paris).

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Définitions Modifier

Le terme générique École de Paris pose problème lorsqu’on l’utilise pour désigner un groupe d’artistes en particulier. En réalité, le terme ne fait référence à aucune école ayant véritablement existé ; l’expression "École de Paris", qui a fait l’objet d’emplois impropres, reste donc ambiguë et mérite d'être explicitée.

Dans son Dictionnaire des peintres de l’École de Paris, Lydia Harambourg justifie en 1993 l’emploi du terme par la continuité qu’il permet d’établir entre les différentes phases de développement de l’art moderne de la part d’artistes ayant eu Paris pour résidence. Son livre ne présente pas une école ou un courant particulier, mais vingt années de peinture à Paris : « Le terme École de Paris sera gardé, parce qu’aucun autre ne peut mieux désigner, en ces années d’après-guerre, la suprématie de la capitale en matière d’art ». Dans ce cas, l’École de Paris rassemble tous les artistes ayant contribué à faire de Paris le foyer de la création artistique jusque dans les années 1960.

On distingue généralement trois grandes périodes de mutation dans le paysage artistique parisien au XXe siècle, chacune étant la manifestation d’un renouveau de la précédente. La première période va de 1900 aux années 1920, la seconde couvre l’entre-deux-guerres et la dernière désigne l’après seconde guerre mondiale.

1900-1920Modifier

En 1920, André Warnod utilise l'expression "École de Paris" pour la première fois, afin de désigner l'ensemble des artistes étrangers arrivés au début du XXe siècle dans la capitale à la recherche de conditions favorables à leur art. De 1900 à la première guerre mondiale, Paris voit, en effet, l'afflux d'artistes souvent d'Europe centrale qui se fixent essentiellement à Montparnasse. Parmi eux Marc Chagall, Pablo Picasso, Pascin et Amadeo Modigliani pour ne citer que les plus célèbres. L'expression "École de Paris" a donc acquis, à ce moment-là, un sens propre et communément admis.

Nombreux sont les peintres juifs de l’École de Paris. Ces artistes viennent de l’Est : Russie, Pologne, Allemagne, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Roumanie, Hongrie. Ils ont été familiarisés avec les grands maîtres français du XIXè siècle et connaissent les impressionnistes par l’intermédiaire de leurs professeurs comme Josef Panckiewicz à Cracovie, Ilia Répine à Saint Pétersbourg, Adolf Fényes, Isaac Perlmutter à Budapest et Lovis Corinth à Berlin. Âgés d’une vingtaine d’années pour la plupart, ils ont été des acteurs de l’émancipation juive, participent au mouvement de réveil social et intellectuel en Europe qui se caractérise par la perte du religieux et l’engagement politique, et se trouvent en coïncidence avec le contexte cosmopolite des grandes capitales de l’époque, Vienne, Berlin et surtout Paris. D'après l'étude de Nadine Nieszawer (Peintres juifs à Paris 1905-1939), ils seront plus de cinq cent peintres dans le Paris de l'entre-deux-guerres, formant un réseau d'amitié et, de proche en proche, se connaissant tous.

L'Entre-deux-guerresModifier

L’Entre-deux-guerres connaît l’arrivée d’autres artistes (russes notamment, comme André Lanskoy, Serge Poliakoff, Alexandre Garbell etc.) et voit l’émergence de nouvelles tendances stylistiques, telle l’abstraction, ainsi que l’importance de la couleur en peinture.

Pendant la Seconde Guerre mondialeModifier

Un groupe de peintres, qui entreprennent d'exposer sous l'occupation nazie, est rassemblé par l’exposition Vingt jeunes peintres de tradition française, organisée en 1941 par Jean Bazaine et l’éditeur André Lejard. L’intitulé de l'exposition masque en réalité la démonstration d’une peinture non conforme à l'idéologie nazie de l'art dégénéré.

«Tous ces peintres, d'âge et de tendance très divers, se trouvèrent d'accord sur la résistance nécessaire de la peinture. Ce qui leur fit accepter ce titre général et lénifiant, destiné à rassurer l'occupant (...) Il ne s'agissait de rien d'autre – de rien moins – que de permettre, par surprise, une exposition judéo-marxiste, sous toutes ses formes, à une époque où les galeries n'osaient montrer que de l'art d'obédience nazie. Après refus d'un certain nombre de galeries, la Galerie Braun accepta le risque de l'exposition, qui fut accueillie par des torrents d'injures d'une presse bien dressée», écrira en 1998 Jean Bazaine (cité dans Michel-Georges Bernard, Jean Le Moal, Ides et Calendes, Neuchâtel, 2001, p. 66-67).

En effet ces peintres sont bien loin des formes traditionnelles de l’art. Rangés toutefois sous le terme de « tradition », ils ne sont pas inquiétés par la censure du régime de Vichy. "Je me souviens assez bien du vernissage : sont arrivés deux officiers allemands qui se sont avancés jusqu'au milieu de la galerie. Ils ont jeté un coup d'œil, se sont regardés, ont tourné les talons. C'est tout. C'était l'époque où les Allemands voulaient encore être gentils", dira encore Bazaine (entretien, dans Histoire de l'Art, 1940-1944 de Laurence Bertrand-Dorléac, publications de la Sorbonne, Paris, 1986, pp. 351-352). L’exposition devient le manifeste d’une peinture moderne et fédère plusieurs artistes à tendance non-figurative : Jean Le Moal, Alfred Manessier, Charles Lapicque, Jean Bazaine, Edouard Pignon, Léon Gischia, Maurice Estève, Charles Walch, Gustave Singier, Jean Bertholle, André Beaudin et Lucien Lautrec.

Deux ans plus tard, du 6 février au 4 mars 1943, une exposition collective, "Douze peintres d’aujourd’hui", se tient à la Galerie de France avec Bazaine, Bores, Chauvin, Estève, André Fougeron, Gischia, Lapicque, Le Moal, Pignon, Singier, Villon, Lautrec, Tal Coat. Malgré leurs différences esthétiques, émergent de ce groupe ces artistes qui seront bientôt désignés comme membres d’une Nouvelle École de Paris.

Pierre Francastel, dans un livre écrit sous l’Occupation mais publié à la Libération en 1946 (Nouveau dessin. Nouvelle peinture. L’École de Paris), labellise en effet le style roman et cubiste de ces peintres dit « de tradition française » en reprenant la formule d’André Warnod.

L'Après-guerreModifier

Aujourd’hui, le nom d’École de Paris recouvre plusieurs acceptions.

L’expression a été détournée par certains dans les années 1950 pour définir une esthétique nationaliste ; elle prend alors une connotation fortement péjorative dans le vocabulaire de la critique de la fin des années 1960 flagornant l’École de New York. Par ailleurs, des galeries parisiennes relaient la confusion quant à l’utilisation du terme. En janvier 1952, lors d’une exposition à la galerie Babylone, Charles Estienne prend le parti de ne rassembler que des artistes à tendances abstraites. Ils y sont présentés comme garants de la Nouvelle École de Paris née entre 1940 et 1950. La galerie Charpentier, en 1960, élargit sa sélection d’artistes. Elle est exposée par la Biennale de Paris en 1961. L’article de Connaissance des Arts paru au moment de l’exposition en retrace le contenu : « L’art présent est à Paris, mais aussi ailleurs : en Italie, par exemple. C’est ce qu’ont compris les organisateurs de l’exposition annuelle dite de l’École de Paris (galerie Charpentier). Ils ont ajouté à leurs invités vingt-sept peintres italiens dont Peverelli qui est le seul à habiter Paris. Parmi les autres, Burri, Dova, Schneider, et Fontana se sont acquis une réputation internationale.»

La « jeune peinture » de l'École de Paris Modifier

Créé juste après la guerre, le salon de la « jeune peinture » rassemble les peintres nés pendant ou peu après le premier conflit mondial. Le peintre Gaëtan de Rosnay en est le vice-président. Ce sont parfois des artistes qui se sont peu manifestés pendant l'Occupation ou même pas du tout parce qu'ils participaient activement au conflit dans les rangs des armées alliées ou dans ceux de la Résistance.

Certaines galeries parisiennes soutiennent activement ces artistes dès la Libération : galerie Suillerot, galerie Le Chapelain, galerie de l'Élysée, galerie Bernier, galerie Drouant David, puis Maurice Garnier.

Parmi les peintres figuratifs les plus représentatifs de cette « jeune peinture » se trouvent René Aberlenc, Bernard Buffet, Yves Brayer, Maurice Boitel, Louis Vuillermoz, Pierre-Henry, Daniel du Janerand, Michel de Gallard, Guy Bardone, Paul Collomb, Gaston Sébire, Jean Joyet, NONDA, Éliane Thiollier[1], Michel Thompson, Jean Vinay.

Ce sont les mêmes peintres qui refuseront de se conformer aux standards officiels de l'ère Malraux et dont on retrouve les œuvres dans les principaux Salons parisiens, indépendants du pouvoir politique, pendant toute la seconde moitié du XXe siècle.

Des critiques d'art et des écrivains connus ont écrit sur les peintres de l'École de Paris des préfaces, des livres et des articles, notamment dans des périodiques comme Libération, Le Figaro, Le Peintre, Combat, Les Lettres françaises, Les Nouvelles Littéraires. Ce sont notamment Georges-Emmanuel Clancier, Jean Paul Crespelle, Arthur Conte, Robert Beauvais, Jean Lescure, Jean Cassou, Bernard Dorival, André Warnod, George Besson, Jean Chabanon, Raymond Cognat, Guy Dornand, Jean Bouret, Raymond Charmet, Florent Fels, Georges Charensol, Marcel Zahar.

Représentants de l'École de Paris Modifier

Représentants de la première École de Paris Modifier

(Sources: Nadine Nieszawer, "Peintres juifs à Paris, 1905-1939. Ecole de Paris", Denoël, Paris, 2000)

Peintres et sculpteurs françaisModifier

Peintres et sculpteurs venus s'installer à ParisModifier

(Liste alphabétique)

(Sources: Jean Cassou, Panorama des arts plastiques contemporains, Gallimard, Paris, 1960, p. 161-164 ; Nadine Nieszawer, "Peintres juifs à Paris, 1905-1939. Ecole de Paris", Denoël, Paris, 2000)

Représentants de la nouvelle École de ParisModifier

FigurationModifier

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Abstraction, non figuration, figuration allusiveModifier

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AutresModifier

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Annexes Modifier

Notes et références Modifier

  1. Secrétaire générale de la Jeune Peinture de 1957 à 1964.

Bibliographie Modifier

  • Jeanine Warnod Les Artistes de Montparnasse, Éditions Mayer, Paris, 1988
  • Jeanine Warnod, L'École de Paris, Arcadia Éditions, Musée du Montparnasse , Paris 2004 (ISBN 2-913019-26-9)
  • L.Carluccio, J.Leymarie, R.Negri, F.Russoli, Y.Brunhammer École de Paris, Groupe éditorial Fabbri, Milan, 1967-75; Rive Gauche, Productions, Paris 1981 (ISBN2086535024X)
  • Lydia Harambourg, L'École de Paris 1945-1965, Dictionnaire des peintres, Ides et Calendes, Neuchâtel, 1993 (ISBN 2825800481)
  • Nadine Nieszawer, Maris Boyé, Paul Fogel, Peintres Juifs à Paris 1905-1939, École de Paris, Denoël, 2000

(ISBN 220725142)

Articles connexes Modifier

Liens externesModifier

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